Les parisiens

Le parisien en quelques mots (et de manière très caricaturale):
" Il s'habille en noir avec juste une touche de couleur, picore des tomates cerises, conduit mal et se gare n'importe où, a son marché préféré, ponctue ses phrases de "putain" ou de "sympa", traite ses contradicteurs de fachos, se fait des p'tits week-ends à répétition et a, bien sûr, toujours raison" définition par Marianne PAYOT, L'Express, publié le 27.11.2010 d'après le livre "Dessine-moi un parisien" de Olivier MAGNY.

Autre expression fétiche du parisien: "ça me saoule !" et vu la fréquence d'utilisation, beaucoup de choses saoulent le parisien...;-)

Extraits choisis du livre :

"DESSINE-MOI UN PARISIEN" de Olivier MAGNY
Aux éditions 10/18, Essai (Poche) paru le 12.2011


LE MOT PUTAIN

"A Paris, putain est plus qu'un mot. C'est une béquille. Une béquille pour les gênes sociales et mentales du Parisien.  Il est impossible d'avoir une conversation de plus de cinq minutes avec un parisien sans entendre résonner le son de la béquille. Cela est vrai, sauf si vous êtes vous-même du cru. Les Parisiens ont développé une aptitude rare : celle de ne jamais remarquer le son de la béquilles. Le mot putain a simplement disparu à l'oreille du Parisien."
L'interjection putain exprime dans son usage le plus commun "avec vivacité des sentiments typiquement parisiens tels que mécontentement, la colère ou la frustration... dans les bouchons: "Putain, mais c'est pas possible!"; à propos de son patron: "il est complètement con, putain..."Dans ces circonstances particulières, le mot a valeur de ponctuation- tantôt majuscule, tantôt point final.  C'est de loin l'usage le plus fréquent du mot (....)"
"Au bout du compte, le mot putain à Paris exprime surprise, colère, encouragement, frustration, emphase ou admiration. C'est pour sûr une béquille bien utile. Mais l'utilisation fréquente de béquilles- qu'elles soient physiques ou verbales - révèle les afflictions. L'usage extensif du mot putain dans son acception la plus commune témoigne d'une certaine nécessité sociale à Paris de claironner colère, brutalité et frustration. Si vous n'êtes pas en colère face à une large majorité d'évènements du quotidien , prêt à jurer pour l'exprimer sans toutefois vous en rendre compte, vous n'êtes à l'évidence pas parisien. Putain est finalement un outils d'intégration sociale. Courir effrontément lorsque tout le monde va claudiquant serait tout bonnement inconvenant. L'alternative pour celui qui vit à Paris est simple: saupoudrer chaque phrase de putains ou se trouver une autre ville".


Cet article me fait tant penser à un ami belge devenu parisien avant d'être Tokyoïte. A propos des belges justement, voilà la vision du Belge pour un(e)parisien(ne) toujours selon Olivier MAGNY.

LES BELGES

"Pour remonter le moral du Parisien, rien ne vaut l'évocation du mot "belge".  Immédiatement, une effusion de pensées joyeuses et souriantes l'envahit. Le Parisien est alors transporté dans un monde d'accents, de moules-frites et de gens qui rient. Selon toute vraisemblance, le Parisien se fendra à ce stade d'une petite phrase idiote dite avec un accent belge de mauvaise facture. Il ponctuera sa phrase d'un "une fois". "Mah tu n'es pas un peu con, une fois..." Apothéose parisienne. 
Le Parisien ne fait jamais de blague belge. Trop risqué pour son image. Mais il aime les belges d'autant plus qu'il peut les considérer à travers le petit matelas de supériorité que des décennies d'histoires belges ont établi précisément à la frontière entre la France et la Belgique. 
Si le Parisien méprise celui qui boit, cette perception est toutefois amendée dans le cas des Belges: "Tu veux une bière, une fois?" Leur penchant pour la boisson (qui ne saurait faire question) est, sinon touchant, au moins typique et, au bout du compte, assez amusant. Le fait qu'un Belge puisse ne pas être joyeux, voir pire: triste, n'est pas une idée que le Parisien est prêt à accepter. Les Belges sont joyeux, généralement saouls, et parlent avec un accent amusant. Point. (...).
Deux éléments ternissent quelque peu cette relation sans nuage: Le premier - la moitié des belges sont hollandais (et "Les hollandais, ils sont chiants") et le second -cette habitude qu'ont les belges d'utiliser savoir à la place de pouvoir: "Tu saurais me passer le sel, s'il te plaît?" D'autres belgicismes amusent le Parisien. celui-ci le hérisse. D'autant plus que le belge semble refuser de se corriger, même lorsqu'un Parisien lui fait remarquer sa faute. Les belges seraient-ils irrespectueux? Le Parisien préfère les voir comme des enfants -"de grands enfants"(irrespectueux étant une façon d'être entièrement étrangère au Parisien)"



LE PARISIEN EN IMAGE ET EN LANGAGE:








LES PARISIENS AU BUREAU
OU LANGAGE DE PARISIEN AU TAF...







MOI, J'AIME BIEN LES PARISIENS (et même les garçons de café bougons)... ça fait partie de Paris aussi !!!! Suis pas B(M)arjo pour rien....